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Comment décrire des sentiments précis quand on débute en écriture

Vous n’avez pas besoin d’expérience en écriture ni d’un vocabulaire particulier pour exprimer clairement un sentiment. Partez d’un moment ordinaire, nommez ce que vous avez ressenti, puis ajoutez quelques détails que le lecteur peut visualiser : ce qui s’est passé, ce que vous avez remarqué et ce que vous avez fait. « Je me sentais mal à l’aise » énonce le sentiment ; « Je n’arrêtais pas de faire tourner ma tasse par l’anse pendant que les autres parlaient » offre au lecteur une scène dans laquelle ce sentiment prend forme. Le but n’est pas de masquer l’émotion, mais de la relier à des détails observables.

30 septembre 20267 min readEsthétique du quotidien et expression personnellePar Metlivi Editorial Team
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Commencez par un court instant précis

Choisissez un moment suffisamment bref pour vous en souvenir nettement : attendre un bus en retard, arriver chez un ami, ouvrir un message ou débarrasser la table de la cuisine. Évitez de commencer par un sujet trop vaste comme « toute ma semaine » ou « ce que je ressens face au changement ». Un moment circonscrit vous fournit un lieu, un déroulement et une matière concrète à décrire.

Écrivez une phrase simple nommant votre sentiment : « J’ai été soulagé quand la réunion s’est terminée. » Demandez-vous ensuite ce qui s’est produit juste avant ou juste après l’apparition de ce sentiment. Avez-vous fermé un carnet, poussé un long soupir, regardé l’heure ou fait un pas dehors ? Choisissez des détails dont vous vous souvenez réellement. Un guide de rédaction du Purdue OWL recommande de faire un remue-méninges avant le premier jet et de s’appuyer sur des détails sensoriels lorsqu’ils aident le lecteur à comprendre l’expérience. Purdue OWL, « Descriptive Essays »

Par exemple, une note sommaire pourrait être : « J’étais content de rentrer à la maison. » Une version plus précise donnerait : « Quand j’ai refermé la porte d’entrée, le couloir est devenu silencieux. J’ai posé mon sac par terre et suis resté immobile un instant avant d’allumer la lumière. » Ce sont des phrases d’exemple, pas des faits concernant une personne réelle. Elles rendent le moment plus facile à imaginer en fournissant un son, une action et une pause.

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Utilisez des détails concrets et tangibles

Un détail concret est un élément qu’un lecteur peut imaginer ou vérifier dans la scène. Il peut s’agir d’un son, d’une texture, d’un mouvement, d’un objet, d’une réplique ou d’un changement dans l’environnement. Plutôt que de chercher des adjectifs purement décoratifs, demandez-vous : Qu’ai-je vu ou entendu ? Qu’ont fait mes mains ? Qu’est-ce qui a changé d’un instant à l’autre ? Le guide de Purdue suggère de choisir des termes pertinents et de faire appel aux sens ; cela ne signifie pas que chaque texte doive convoquer les cinq sens. Ne retenez que les détails qui appartiennent véritablement au souvenir. Purdue OWL, « Descriptive Essays »

Un bon test consiste à voir si vous pouvez désigner ce détail du doigt dans la scène. « La pièce semblait étrange » nomme une impression, mais reste vague. « Les chaises étaient empilées contre le mur, et mon manteau ne cessait de glisser du crochet trop étroit » donne au lecteur deux éléments précis qui peuvent expliquer cette impression. Si vous ne vous souvenez pas de l’odeur de la pièce, n’en inventez pas une simplement pour rendre la description vivante.

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Montrez ce que le sentiment a modifié

Les sentiments se rendent souvent visibles à travers de petits choix et de petites actions. Pour parler de l’impatience, vous pourriez mentionner le fait de rafraîchir une page web ou de regarder l’horloge ; pour exprimer le ravissement, peut-être avez-vous relu un mot ou pointé quelque chose du doigt pour le montrer à quelqu’un. Considérez ces gestes comme des pistes possibles, non comme des codes immuables : une même action peut signifier des choses différentes selon la situation.

Essayez de compléter cette phrase : « Parce que je me sentais ___, j’ai ___. » Vérifiez ensuite si ce lien correspond fidèlement au moment que vous décrivez. « Parce que je ne me sentais pas sûr de moi, j’ai attendu que les autres choisissent une table » relie un état intérieur à une action. Si ce lien semble artificiel ou trop mécanique, décrivez le sentiment et l’action séparément et laissez le lecteur faire le rapprochement. Dans une réflexion sur la description, le blog du Writing Center de l’UW–Madison présente l’observation comme un point de départ utile pour trouver les mots justes pour les détails et les motifs récurrents. UW–Madison Writing Center, « Orange and Sardines: Art and Ekphrasis in the Writing Center »

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Ajoutez du contexte pour donner du sens au détail

Un détail prend tout son sens en fonction du moment et de l’endroit où il se produit. « La cuillère a tinté contre la tasse » peut être un simple bruit du quotidien dans la cuisine, ou le seul son perceptible pendant un silence pesant. Ajoutez un bref élément de contexte lorsqu’il aide le lecteur à saisir cette nuance : « Après que j’ai posé une question et que personne n’a répondu, la cuillère a tinté contre ma tasse. » Vous n’avez pas besoin d’en expliciter chaque sous-entendu ; ancrez le détail dans l’instant et laissez-le faire son travail.

Le contexte permet aussi de garder une description honnête. Un lecteur peut interpréter un geste différemment de vous : distinguez donc ce que vous avez observé de ce que vous avez supposé. « Elle a plié le reçu en deux » rapporte une action. « Elle m’en voulait » en est une interprétation. En cas de doute, écrivez selon votre propre regard : « Quand elle a plié le reçu en deux, je me suis demandé si ma question l’avait dérangée. » La réflexion de l’UW–Madison sur la description souligne que les détails s’inscrivent dans un cadre et parmi d’autres indices ; dans l’écriture de tous les jours, cela revient simplement à intégrer juste assez de contexte pour rendre le détail lisible. UW–Madison Writing Center, « Orange and Sardines »

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Transformez des notes brutes en un court paragraphe

N’essayez pas de rédiger un paragraphe abouti pendant que vous cherchez encore dans vos souvenirs. Notez d’abord rapidement des bribes. Pour un moment où vous vous êtes senti bien accueilli, ces notes pourraient être : « pluie sur les manches ; porte ouverte ; quelqu’un a tiré une chaise ; tasse chaude ; resté plus longtemps que prévu. » Ce sont des points d’appui pour l’écriture, non l’affirmation rigide d’un fait absolu.

Ensuite, choisissez deux ou trois notes qui fonctionnent bien ensemble et organisez-les selon un ordre simple : avant, pendant, après. Un premier jet pourrait donner : « La pluie gouttait encore de mes manches quand la porte s’est ouverte. Quelqu’un a écarté une chaise de la table et m’a tendu une tasse chaude. J’avais prévu de ne rester que dix minutes, mais je me suis assis et j’ai ôté mon manteau. » Le mot désignant le sentiment peut apparaître au début ou à la fin : « Je me suis senti chaleureusement accueilli, alors que je pensais juste passer en coup de vent. » Cet exemple n’est qu’une illustration ; adaptez la démarche aux détails qui vous reviennent.

Un paragraphe n’a pas besoin d’un nombre précis de phrases pour fonctionner. Il lui faut une idée directrice et suffisamment d’éléments pour que le lecteur puisse la suivre. Le Writing Center de l’UW–Madison explique que les paragraphes aident les lecteurs à assimiler des idées liées entre elles, et recommande de peaufiner le texte en observant le rôle de chaque phrase plutôt qu’en suivant une formule stricte sur la longueur. UW–Madison Writing Center, « Improve Your Paper by Writing Structured Paragraphs »

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Corrigez pour gagner en clarté, pas pour décorer

Lors d’une première relecture, gardez le mot qui nomme l’émotion. Les débutants le suppriment parfois parce qu’on leur a répété qu’il faut toujours « montrer au lieu de raconter ». Mais une affirmation directe oriente le lecteur ; les actions et les détails concrets viennent ensuite lui donner corps. « J’étais nerveux » est limpide. La phrase suivante peut montrer ce que cela signifiait dans cette scène en particulier : « J’avais répété ma première phrase pendant tout le trajet, et quand la porte s’est ouverte, je l’ai oubliée. »

Lors d’une seconde passe, posez-vous trois questions : Ce détail est-il fidèle au souvenir ? Aide-t-il le lecteur à visualiser l’instant ou à comprendre son importance ? Y a-t-il un mot plus simple pour dire la même chose ? Retranchez les détails qui ne font que décorer la scène. Les conseils du Purdue OWL sur la concision recommandent également d’éliminer les formulations redondantes ou superflues. Purdue OWL, « Eliminating Words »

Lisez ensuite le paragraphe à voix haute. Si une phrase paraît lourde à prononcer, coupez-la en deux ou remplacez une tournure abstraite par une action. « J’ai ressenti une certaine forme de déception » peut devenir « J’étais déçu. J’ai remis l’invitation non décachetée dans le tiroir. » La simplicité du vocabulaire n’est pas un défaut ; c’est la précision de la scène qui retient l’attention.

Section 7

Un exercice de cinq minutes pour votre prochain sentiment

Prenez un sentiment tiré d’un moment ordinaire de votre journée. Lancez un chronomètre de cinq minutes et répondez rapidement à ces quelques questions :

Où étais-je, et que venait-il de se passer ?

Qu’ai-je remarqué par l’un de mes sens ?

Qu’ai-je fait de mes mains, de mon corps ou de mon attention ?

Qu’est-ce qui a changé au cours de ce moment ?

Quel mot décrivant un sentiment convient le mieux, même s’il n’est pas parfait ?

Transformez vos réponses en trois à cinq phrases. Gardez un mot clair pour le sentiment et deux ou trois détails qui soutiennent la scène. Si le sentiment reste difficile à nommer, employez une formule provisoire comme « Je me sentais partagé » et décrivez ce que vous avez fait. L’intérêt de l’exercice est d’éclaircir un souvenir précis, non de produire un passage d’anthologie dès le premier essai.

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